Mot de la présidence

EP

Maintenant

Maintenant, travaillons sérieusement pour faciliter la vie des Québécois.

Vous aurez bien sûr reconnu dans cette phrase différents slogans issus de la dernière campagne électorale québécoise. Campagne qui se solde par une victoire de la CAQ qui aura les coudées franches pour implanter son programme.

Que nous dit ce programme et qu’est-ce que cela veut dire pour l’optométrie?

Sans mentionner directement les optométristes, le programme de la CAQ laisse entendre que nous pourrions jouer un rôle accru dans les prochaines années. Bien sûr pour la santé des Québécois, mais également en ce qui concerne la réussite scolaire de nos enfants.

Regardons de plus près ce que cela signifie

En éducation

  • ...assurer à nos enfants un bon départ au tout début de leur parcours scolaire, pour dépister les troubles d’apprentissage et démocratiser l’accès à des ressources spécialisées aux enfants manifestant des difficultés.

 

Sur les services professionnels spécialisés

  • Plus d’orthopédagogues, d’orthophonistes, de psychoéducateurs et autres professionnels pour le dépistage et l’accompagnement d’enfants ayant des difficultés d’apprentissage, des handicaps ou des retards de développement. Parce qu’on ne doit abandonner aucun enfant à son sort.

 

Le vocabulaire utilisé n’est pas sans rappeler la position de l’Ordre dans son mémoire «L’importance de la vision dans la réussite scolaire» qui avait convaincu l’ancien gouvernement de faire une place à l’optométrie dans sa politique sur la réussite scolaire.

Ce mémoire soulignait que près de 10 % des enfants au préscolaire et 20 % au primaire présentent des problèmes visuels pouvant entraver leur développement et la réussite scolaire. Pourtant, seulement un enfant sur cinq consulte un optométriste, et ce, malgré la couverture des services optométriques par la RAMQ.

Nous demandions aussi que le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur reconnaisse les optométristes parmi les professionnels ressources pour les écoles et qu’il favorise leur collaboration avec les équipes multidisciplinaires œuvrant dans le réseau, notamment envers les clientèles présentant des troubles d’apprentissage.

Le programme de dépistage dans les écoles constituait la réponse du gouvernement antérieur aux problèmes soulevés. En sera-t-il de même avec le nouveau gouvernement? Nous verrons bien. Pourquoi au lieu de créer de nouvelles structures, ne pas utiliser à son plein potentiel ce qui existe déjà?

Les optométristes sont bien répartis dans l’ensemble du Québec et ils possèdent les compétences pour jouer un rôle de premier plan dans la réussite scolaire. Il faut seulement leur permettre de se joindre aux équipes en place à l’école pour informer et conscientiser les différents intervenants ainsi que les parents à l’importance de la vision dans la réussite scolaire.

Pourquoi ne pas faire de l’examen visuel un prérequis à l’entrée à l’école? Ou à tout le moins que le message véhiculé par l’école mette l’emphase sur son importance? On donne bien aux parents une liste de fournitures scolaires obligatoires, alors pourquoi ne pas demander un rapport d’examen visuel de l’optométriste par la même occasion?

Les résultats de l’examen oculovisuel pourraient même faire partie intégrante du carnet de santé et du Dossier de Santé du Québec (DSQ) de l’enfant. De cette manière, tous les intervenants pourraient mettre l’emphase sur l’importance de faire évaluer la vision suivant les recommandations des différents experts (6 mois, 3 ans, 5 ans, etc.), un peu comme pour les vaccins.

Peu importe comment le nouveau gouvernement s’attaquera aux problèmes touchant la réussite scolaire, l’optométrie devra faire partie de la solution.

En santé (dans le document sur les orientations en santé) :

  • Décloisonner la pratique médicale pour permettre aux professionnels de la santé d’utiliser toutes leurs compétences. Malgré de récentes ententes entre certains ordres professionnels de la santé et le gouvernement, l’interdisciplinarité doit être davantage favorisée… Un gouvernement de la CAQ travaillera avec les ordres des professionnels du réseau de la santé pour décloisonner la pratique médicale, pour permettre aux professionnels de la santé d’utiliser toutes leurs compétences.

 

Des avancées ont été obtenues sur ces aspects avec nos nouveaux privilèges thérapeutiques et nos bonnes relations avec nos collègues médecins ne seront que bénéfiques pour les patients du Québec. Une meilleure collaboration avec les différents intervenants, médecins, infirmières et pharmaciens, nous permettra de jouer pleinement notre rôle de première ligne dans la livraison des soins aux patients, mais l’interdisciplinarité ne s’arrête pas là.

Il nous faut aussi l’envisager en ce qui concerne nos collègues opticiens d’ordonnances, avec lesquels l’exercice de modernisation n’est pas complété. L’Office des professions, avec une nouvelle équipe à sa tête, nous a déjà signalé que cet exercice devra tôt ou tard être finalisé. Avec une bonne communication et de l’ouverture de part et d’autre et, surtout, avec le respect de la raison d’être des deux professions en cause, nous sommes confiants que nous pourrons trouver des solutions viables pour enfin clore ces travaux.

Enfin, il nous faut occuper tout notre champ de pratique et faire partie intégrante des équipes multidisciplinaires chaque fois que le système oculovisuel est impliqué. Je pense particulièrement aux services de réadaptation en basse vision et pour les commotions cérébrales. Votre ordre professionnel, en étroite collaboration avec l’École d’optométrie de l’Université de Montréal, travaille en ce sens auprès de différents intervenants du milieu professionnel.

Il nous faudra bien sûr l’adhésion des optométristes pour que les différentes avenues d’interdisciplinarité puissent voir le jour et devenir des succès. Comme le veut le dicton : seul on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin. Si nous voulons conserver notre champ d’exercices, à nous tous de l’occuper.

Et maintenant, la suite?

Les différents responsables gouvernementaux étant maintenant connus, nous les avons contactés pour leur offrir notre pleine collaboration pour faire cheminer ces dossiers.

Notre collaboration sera assurée, pourvu que ces décloisonnements et cette modernisation soient faits dans une perspective de protection du public et de ce qui est le mieux pour les patients et pas seulement un exercice comptable, pour de simples considérations économiques

Dr Éric Poulin, optométriste
Président

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Bulletin officiel de l'Ordre
des optométristes du Québec
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